Ce que beaucoup de personnes se demandent en arrivant à l’université ou en obtenant leur diplôme, c’est : « Et maintenant, qu’est-ce que je vais faire ? ». À cette question, la majorité répond la même chose : « Suis ta passion ». J’ai grandi avec l’idée qu’en suivant la mienne, j’emprunterais la trajectoire de la vie qui m’était destinée.
Il existe 4 éléments à prendre en compte avant de partager cette phrase erronée à vos enfants ou à vos amis :
L’être humain grandit. Au cours de sa vie, il se passionne pour plusieurs choses : les arts, le sport, la science, l’argent, les relations publiques… cela dépend de chacun. Si l’on prend en compte les fantasmes les plus populaires comme chanter, peindre, jouer la comédie, devenir youtubeur ou influenceur, combien de personnes y parviennent vraiment ? Et combien gardent le même intérêt de 18 à 35 ans ? Au fil des années, les gens n’ont plus le même rêve. Ce qui semble être le bon chemin à 18 ans change avec les expériences de la vie. Un de mes clients a décidé de devenir médecin après avoir étudié le théâtre, parce qu’il n’a pas su sauver la vie d’une personne dans un accident de voiture en attendant l’ambulance. Rien n’est figé dans le temps.
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Pendant de nombreuses années, j’ai joué au basket-ball. Le rêve de presque tous mes coéquipiers était de devenir professionnels et de jouer en NBA une fois adultes. Le problème, c’est qu’en dépit de 20 heures d’entraînement par semaine, ils n’ont jamais atteint le niveau. Certains sont professionnels en Europe, mais ils représentent 1 % (au mieux) de tous ceux qui ont rêvé d’en faire leur métier. Votre talent ne correspond pas nécessairement à votre passion. Je suis très passionné par la musique, le théâtre, les arts traditionnels en général. Mais je ne sais pas peindre, je ne sais pas chanter, je ne sais pas jouer d’un instrument. Mon talent se trouve dans les relations humaines, l’analyse de projets et de situations, la lecture des gens, les chiffres et la conversation. Je n’aurais jamais imaginé en arriver là où j’en suis aujourd’hui si on me l’avait dit il y a 15 ans, et pourtant me voilà. J’ai trouvé ce que je savais faire, je l’ai pratiqué, je l’ai amélioré, et je continue de grandir sur ce chemin qui me permet d’aider bien plus de personnes que si j’étais resté sur une voie sans issue comme le basket-ball.
Beaucoup de gens pensent que leur passion est le centre de l’univers. Parce que cela leur importe, ils croient que tout le monde pense comme eux. La réalité, c’est qu’il y a encore des gens passionnés par les technologies des années 80/90, encore des gens passionnés par le disco des années 70, encore des gens passionnés par bien des modes qui ont disparu. Et en disparaissant, le marché dans lequel il y avait de l’argent à gagner à l’époque a disparu aussi.
De la même façon, certaines modes sont des niches très particulières et n’intéressent qu’un très petit nombre de personnes. Prenez l’exemple de Kodak, une entreprise qui a existé de 1888 à 2012 et qui a été un empire pendant de très nombreuses années. Mais la niche de marché s’est peu à peu rétrécie avec l’apparition des appareils photo numériques, la disparition des photos imprimées, etc. L’entreprise n’avait plus l’intérêt de la population mondiale, car celle-ci s’était tournée vers quelque chose de plus pratique. Le marché a laissé Kodak mourir après plus de 120 ans d’activité.
Il m’est arrivé la même chose pendant de nombreuses années. Quand j’étais concentré sur une carrière dans le sport, je ne voulais rien entendre de personne. Mes parents voulaient m’ouvrir les yeux sur des opportunités qui se présentaient, comme travailler dans les sciences, l’informatique, les affaires… cela ne m’a jamais intéressé jusqu’au jour où je me suis cassé un genou et où l’on m’a dit que je ne jouerais plus jamais.
Cela a finalement été une bénédiction. Dès que cette porte s’est fermée, des dizaines d’autres se sont ouvertes, me laissant la possibilité de choisir ce que je voulais faire sans me limiter. J’ai étudié l’économie, le commerce, la comptabilité et l’informatique en même temps sans savoir ce que je voulais faire. Et c’est en arrivant en stage dans une entreprise que j’ai découvert ce que je voulais vraiment faire : aider les entreprises. Ne vous focalisez pas sur votre passion sans essayer et échouer dans d’autres fenêtres d’opportunités. Il est important de donner sa chance à toute opportunité pour vraiment découvrir 1) ce en quoi vous êtes bon(ne), 2) ce dans quoi vous vous sentez à l’aise. Ensuite, une passion se développera avec l’expérience.
Il est important de comprendre que votre passion d’aujourd’hui ne sera pas celle de demain. Et surtout : si votre passion vous est venue en admirant une personne passionnée par une certaine activité, vous ne devriez pas l’imiter. Une passion se développe en soi. On ne la trouve pas chez les autres. En suivant quelqu’un, la passion s’atténuera progressivement sans que vous puissiez le contrôler. Il s’agit de quelque chose d’unique à chaque être humain.
Une passion se développe en soi, on ne la trouve pas chez les autres.
— D. Soitout
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