Les saboteurs d’entreprise

Riesgos de negocios

Dans une économie instable, les dirigeants d’entreprise ne subissent pas seulement une baisse de clientèle. Ils font face à une hausse du nombre de personnes prêtes à tout pour gagner de l’argent. C’est là qu’intervient le saboteur : quelqu’un disposé à arnaquer, voler ou poursuivre en justice au détriment de votre activité.

Il existe plusieurs types de saboteurs d’entreprise, des plus évidents aux plus inattendus. Aucune société n’est à l’abri de ce risque. Votre rôle de leader est de détecter et de prévenir ces comportements.

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1- Commencer par soi-même

Le premier saboteur d’une entreprise, c’est le dirigeant ou les associés. Au fil des années, j’ai repéré chez plusieurs clients un schéma de comportements qui explique bien des problèmes en entreprise. Identifiez vos faiblesses et corrigez-les. Elles peuvent être aussi simples que de mauvaises habitudes de sommeil, procrastiner quand il est temps de travailler. Elles ne viennent pas forcément d’un état d’esprit négatif. Au contraire, un trait de personnalité trop positif peut parfois être la source de vos difficultés.

1.1 Le perfectionniste

Le perfectionnisme est l’un des plus courants. Quand on lance une activité, on a des idées très précises de ce qu’on veut accomplir et comment y parvenir. Le problème, c’est que si les choses n’avancent pas exactement comme prévu, on n’arrive pas à passer à autre chose. Être perfectionniste coûte cher à plusieurs niveaux : du temps (et le temps, c’est de l’argent), de la santé (le stress empêche de se reposer, et sans repos on ne travaille plus à 100 % avec la tête sur les épaules).

1.2 Donner trop

Certains entrepreneurs, comme moi, portent une mission qui dépasse le simple business. Ils veulent aider les autres. Quelle que soit la cause que vous défendez, mesurez ce que vous y investissez. J’ai eu des clients qui donnaient tellement de ressources et d’argent à des fondations qu’en fin d’année l’entreprise n’avait plus rien pour croître. Donner est important, mais il faut aussi savoir conserver.

1.3 Trop vouloir plaire

J’ai accompagné plusieurs clients sur ce point, et sur son exact opposé. Ce sont des dirigeants qui veulent plaire à leurs collaborateurs. C’est très bien, surtout aujourd’hui : réduire le turnover et offrir de bonnes conditions de travail compte. Mais fixez des limites. Plusieurs entrepreneurs ont laissé leurs employés prendre la place du chef. Les dirigeants ne sont plus vraiment dirigeants : ils deviennent les otages de la vanité et de la cupidité de leur propre équipe.

2- Les comptables

Attention : je ne dis pas que tous les comptables posent problème. C’est simplement un maillon sensible de l’entreprise qui exige beaucoup de vigilance.

Mettez en place des systèmes pour suivre les mouvements, les décisions et les actions liés au flux d’argent sur vos comptes. J’ai vu plusieurs cas où des comptables, pas forcément salariés directs de l’entreprise, ont trouvé le moyen de sortir de l’argent des comptes de mes clients parce que les dirigeants leur faisaient trop confiance et se sont laissé tromper.

3- Les cadres dirigeants

Les cadres d’une entreprise ont souvent accès à des informations confidentielles, des données vitales que la concurrence peut vouloir racheter. Suivez un processus de recrutement très rigoureux pour vous assurer que les membres de votre équipe n’auront ni le besoin ni l’intention d’agir ainsi une fois qu’ils travailleront avec vous et auront accès au cœur de l’entreprise. Les systèmes numériques sont essentiels pour limiter ce type de risque. Je n’ai pas vu beaucoup de cas de ce genre, en revanche j’ai vu beaucoup d’entreprises chercher à acheter des informations sur leurs concurrents (sans succès dans la plupart des cas).

4- Les consultants

Quand vous engagez un consultant en stratégie, finance, ventes ou autre domaine, peu importe le périmètre que vous voulez analyser et améliorer avec ce tiers, sachez précisément qui vous recrutez. Beaucoup d’entreprises traitent ce type d’investissement comme une dépense et choisissent l’option la moins chère. En réalité, c’est un investissement. J’ai repris des projets d’entreprises au bord de la faillite parce qu’elles avaient fait confiance à un consultant low cost qui ne savait pas ce qu’il faisait et qui avait accepté le dossier par besoin d’argent, sans les qualifications nécessaires. Nous avons sauvé ces clients, mais cela leur a coûté bien plus cher que s’ils nous avaient contactés dès le départ.

5- Les médias

Les médias vendent des clics (blogs, magazines et journaux en ligne) et des espaces publicitaires (radio, TV, etc.). Le contenu qu’ils publient n’est donc pas fiable. Ils diffusent des informations exagérées, incorrectes ou non vérifiées parce qu’ils ont besoin de vues et de visites pour générer de l’argent. Même en sachant que ce modèle économique dépend du trafic, beaucoup d’entrepreneurs continuent de s’y fier et de prendre des décisions sur cette base. Je recommande toujours de s’abonner à des journaux économiques ou financiers à tarif mensuel fixe, sans publicité : le travail des journalistes y est de meilleure qualité, et l’information plus fiable pour piloter votre entreprise.